Le Festival a besoin de vous ! Envoyez-nous vos commentaires grâce au questionnaire disponible sur ce lien !

“L’Écho de nos auteurs”

affiche écho

“L’Écho de nos auteurs”, ou comment les noyonnais se réapproprient les auteurs du passé

 

Courant 2019, la Société des Amis du musée Jean Calvin a répondu à l’appel à projet C’est mon patrimoine ! par une proposition originale et engagée les associant aux musées et au service de la politique de la Ville de Noyon. Ce projet, L’Écho de nos auteurs, s’est composé de trois rendez-vous réguliers qui ont permis à des habitants de 5 à 65 ans de tous les quartiers de Noyon de se réapproprier leur patrimoine littéraire et de créer des œuvres ou tout simplement de vivre des moments d’échange et de partage en résonance avec des textes reprenant soudainement vie.

Les lundis après-midi, des noyonnaises se sont réunies au sein de ce qui est bientôt devenu le « Club des lectrices », animé par Liliane et Laïla (Amis du musée et Maisons pour tous). Après avoir recensé les noms des rues, des quartiers, des résidences de Noyon qui portent le nom d’un écrivain, l’échange entre ces femmes s’est rapidement noué autour de livres qui palpitaient encore en elles depuis l’enfance. L’éventail des auteurs évoqué s’est rapidement élargi en fonction des goûts et des souvenirs de chacune. Guidées par leur enthousiasme, les lectrices se sont peu à peu réapproprié ces textes, les unes portées par le plaisir d’écouter, les autres lisant à haute voix, imprégnées du savoureux anachronisme de la langue calvinienne. Ce sont elles que vous entendrez lors de de votre visite, grâce aux réalisations vidéos YELEM Productions de Corine Zongo-Wable rendant compte de ce projet à trois endroits du musée.

Bravo à Soukaina, Jamila, Sabrina, Hakima, Fatima, Hasna, Naïma, Fatiha, Nadia, Soumia et Safa pour ces belles heures de lectures !

Les mercredis après-midis, des enfants noyonnais ont expérimenté avec Liliane et Dominique (Amis du musée) la pratique de plusieurs techniques artistiques, telles que le dessin, la peinture, les feutres, l’encre ou la plume, avant de se lancer dans la réalisation de marque-pages et de panneaux portant des citations sur le thème du premier ouvrage publié par le jeune Calvin, Le Commentaire sur le De Clementia de Sénèque, c’est-à-dire que le concept de la « clémence ». Les jeunes artistes en herbe, parfois conseillés par Dzenis, artiste travaillant sur une œuvre représentant justement Jean Calvin par la technique de l’hyperréalisme (visible dans l’exposition), ont ainsi laissé libre cours à leur imagination, à partir des citations qui les inspiraient le plus.

Bravo aux enfants, Zakaria, Ind, Kenza, Inaya, Zeyned, Myriam, et aux deux adultes accompagnants (Nadia et Saïda) pour leur inventivité et leurs créations originales ! Elles vous seront dévoilées au cours de votre visite.

Un troisième atelier a permis à des adultes noyonnais, hommes et femmes, suivant des cours de français avec Laurence à l’UPT de Noyon de travailler sur plusieurs fables de Jean de la Fontaine, dont Le Loup et l’agneau. Vous les entendrez également dans les vidéos diffusées dans le musée, captées durant leurs cours ou durant le repas interculturel de décembre 2019.

Les vidéos :

réalisées en 2020 par Corine Zongo-Wable de Yelem Productions

 

Dzenis

DZENIS
Ma Vision de Noyon, 2021
190 x 120cm
Aérosol acrylique au pinceau sur panneau de bois
Hyperréalisme
Collection privée

Dans Ma Vision de Noyon, cet artiste autodidacte kosovar, installé à Noyon depuis 2016, pousse l’hyperréalisme à un niveau de précision qu’il n’avait encore jamais atteint dans ses précédentes réalisations. Sur ce panneau, sur lequel il a travaillé durant quatre mois après l’établissement d’un croquis préparatoire au crayon et de nombreuses photographies de détails, Dzenis a associé trois motifs incarnant un Noyon à la fois ancré dans son histoire et singulièrement présent.
L’ancienne chapelle de l’évêché l’a intrigué par son aspect ruiné et la texture de ses pierres, marquées par la destruction. Chaque détail compte. Il lui a fallu parfois revenir jusqu’à vingt fois sur les lieux pour s’assurer de l’exactitude de son motif. Sur les murs du musée Jean Calvin, les cicatrices sont visibles, les traces du passage du temps sont discernables.
Juxtaposés dans un espace paradoxalement non réaliste, ces deux symboles de l’architecture noyonnaise sont reliés par un portrait de Jean Calvin que l’artiste décrit comme « normalement impossible » : sous le ciel brumeux de Picardie, un Calvin d’aujourd’hui, extraordinairement présent, porte un regard bleu songeur (celui de l’artiste ?) sur le Noyon qui l’entoure.